Escroquerie

Mis en délibéré au 3 décembre prochain, le procès d’un expert et de 26 réparateurs, qui se tient à Evry (91), s’est conclu le 9 septembre sur une audience qui n’augure pas de peines très dissuasives pour les différents acteurs de cette affaire de faux VO/vrais VGE. Pas de quoi faire très peur aux autres fraudeurs suspectés dans des affaires similaires. A moins que le juge n’aille plus loin que le réquisitoire du procureur…

Le lundi 3 avril dernier, M6 a rediffusé le numéro d’Enquête Exclusive du 27 novembre. Intitulé “Garagistes escrocs, experts véreux : le scandale des épaves roulantes”, le reportage suit l’enquête du groupe automobile de la Section de recherches de la Gendarmerie Nationale de Paris. Menés depuis près de trois ans, leurs travaux révèlent peu à peu l’ampleur d’un trafic ayant remis à la route entre 200 et 300 000 véhicules gravement endommagés.

L’interdiction de circuler formulée par le Ministère de l’Intérieur à l’attention des automobilistes n’ayant pas enclenché la procédure d’expertise de leur véhicule victime de l’escroquerie des 5 014 faux VO/vrais VGE est finalement tombée mi-mai. Au total, ce sont quelque 1 300 véhicules qui sont concernés. 1 300 propriétaires auxquels le SEAI s’adresse pour leur conseiller de faire tout de même expertiser leur véhicule…

Le Ministère de l’Intérieur a fixé son ultimatum au 13 mai prochain. Passée cette date, les automobilistes détenteurs de l’un des 5 014 véhicules identifiés comme faisant partie de l’escroquerie des VGE revendus comme VO verront suspendre leur certificat d’immatriculation, signant tout bonnement l’interdiction totale de circuler pour ces véhicules. Pour y échapper, les propriétaires doivent contacter au plus vite la plateforme d’appels désignée sur le site de la Sécurité Routière et faire procéder à une expertise… à leurs frais, bien sûr.

 

L’affaire des 5 014 VGE revendus comme VO ne verra pas de procès de sitôt. Considérant qu’il ne disposait pas d’éléments suffisants pour juger l’affaire, le Tribunal correctionnel d’Evry a réclamé la nomination d’un juge d’instruction afin de procéder à une enquête plus complète que celle menée par le parquet. Ainsi, davantage de victimes de l’escroquerie pourront se porter partie civile et le nombre d’audiences nécessaires pour juger les prévenus sera réduit, mais le procès aura lieu une fois l’enquête finie, c’est-à-dire… d’ici plusieurs années, sans doute.

A l’approche du procès des onze prévenus, dont trois experts en automobile, de l’affaire des 5 014 véhicules gravement endommagés revendus comme véhicules d’occasion après réparation sommaire, l’ANEA a décidé de se porter civile. L’audience des 22 et 23 mars approchant, le syndicat d’experts entend ainsi défendre l’intégrité de ses adhérents face à une telle escroquerie et souligner le combat que ses membres mènent depuis la révélation du scandale pour expertiser de nouveau les véhicules suspects.

Interdit d’exercer depuis plusieurs années, un garagiste de Pont-Saint-Pierre, dans l’Eure, et son fils mécanicien ont été condamnés à douze mois de prison fermes, le 26 septembre dernier, par le Tribunal correctionnel d’Evreux pour avoir continué à attirer dans leurs filets, via leboncoin.fr, des propriétaires de voitures allemandes desquels ils encaissaient des acomptes sans toujours procéder aux réparations… ou alors a minima.

Alors que le procès des experts impliqués dans l’escroquerie des 5 000 VGE transformés illégalement en VO se tenait hier au Tribunal correctionnel d’Evry, l’Etat a pris les précautions de sécurité routière qui s’imposaient en écrivant aux propriétaires des véhicules suspects pour leur demander de ne plus circuler avec… jusqu’à une prochaine expertise, sérieuse, cette fois-ci.

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