Expertise

Auto Plus plaide pour le recours direct !

(4 148 vues) - 26 mars 2015 / 4 commentaires

L’article paru dans le numéro d’Auto Plus du 20 mars dernier n’apprendra rien aux professionnels dont nous n’ayons déjà parlé, mais les consommateurs, eux, ont tout intérêt à y être attentifs. Et les experts aussi : même les plus pro-assureurs d’entre eux ne pourront plus soutenir aux particulier qui les sollicitent qu’ils ont l’obligation de déclarer leur sinistre non responsable à leur assurance…
Le 9e congrès de l'ANEA, qui s'est déroulé vendredi 20 mars, a mis en lumière le besoin profond d'une refonte des règles de déontologie. Reste que se projeter dans l'avenir et la reconstruction n'a visiblement pas permis d'évoquer certaines problématiques qui se conjuguent, elles, au présent...
Navré du manque de courtoisie et de l’absence de rigueur de certains experts lors de leurs visites dans sa carrosserie, Benjamin Labonne, président de la FFC-Réparateurs Auvergne et professionnel établi à Aubières (63) a dressé un nouveau règlement à leur attention, que nous reproduisons ici. Histoire de rappeler que, même dans une carrosserie, il existe une hiérarchie et des responsables à consulter obligatoirement. Surtout dans le cadre d’une expertise.  
Alors que l’ANEA s’est élevée, en interne, contre les résultats de l’appel d’offres d’Allianz qui a laissé plusieurs dizaines de ses membres sur le carreau, le SNDEA, lui, a choisi de s’adresser directement au président du conseil d’administration de l’assureur, Jacques Richier. Une action nécessaire pour le jeune syndicat qui se veut représentatif… quitte à plaider, pour cela, la clémence d’Allianz pour ses désormais ex-experts agréés.
Six semaines après s’être rapprochée d’associations de consommateurs au sein du GCA2R, la FFC-Réparateurs et sa section Grand Sud-Ouest enfonce le clou lors du salon Eurêcar, organisé à Bordeaux le 29 novembre prochain. En effet, l’organisation professionnelle y invite les visiteurs particuliers à rencontrer, parmi une soixantaine d'exposants, « des experts indépendants » selon ses termes, sous l’œil attentif de la LDDA, Familles de France, l’UFC Que Choisir et 40 Millions d’Automobilistes.
Dans sa lettre interne n°239, l'ANEA évoque le plan d’action “RPS”, alias “risque psycho-social”. Une véritable cellule de soutien psychologique pour traiter le «mal-être» de «certains collaborateurs» face à des «exigences professionnelles renforcées, changements d'habitudes imposés et non concertés, diminution constante des moyens». S'il fallait une autre preuve de la pression des assureurs sur les experts, la voilà. L'ANEA traite certes les symptômes. Mais quand s'attaquera-t-elle enfin à la maladie ?
Quelques réparateurs nous ont rapporté que certains de leurs clients avaient été enjoint par leur assureur à garder leur véhicule chez eux suite à sinistre, afin de l'y faire directement expertiser. Ou à l'amener directement au cabinet de l'expert. Si cela s'avère, il est légitime de se demander si cette nouvelle tentative de contournement du libre choix du réparateur ne risque pas d'être "la bonne" pour les compagnies d'assurances : celle qui les remettrait "enfin" (ou plutôt déjà !) dans le "droit chemin" de la maîtrise du coût sinistre...
Souvent à l’origine des blocages d’indemnisation dans les dossiers de recours direct, AXA reconnaît pourtant la légalité de la procédure… et informe même ses assurés victimes d’accidents non responsables qu’ils peuvent l’utiliser ! Contre l’assurance adverse, bien entendu. C’est ce que prouve le document ici reproduit…
Bien qu’ayant conservé l’anonymat du rapport d’expertise reproduit dans notre article du 5 septembre intitulé « Gan-Libre choix : quand l’expert assume son rôle de bras armé », le directeur technique du cabinet mis en cause a tenu à apporter un droit de réponse que nous reproduisons ci-dessous dans son intégralité et sans modification de contenu.