Régis Audugé

Si le marché du pneu VL et VUL en 2017 s’est révélé étal par rapport à l’année 2016, c’est qu’il a été sauvé de très peu d’un recul certain par les pneus hiver, en hausse notable, et par la dynamique forte des pneus toutes saisons. Et comme annoncé par certains manufacturiers premiums récemment, le mix des pneus TC4 (tourisme, camionnettes, 4×4) fait la part de plus en plus belle aux grandes dimensions, boostées par la part croissante des SUV et crossovers dans le parc roulant français.

Le phénomène de concentration à marche forcée observé dans le secteur de la distribution des pneumatiques mène-t-il inéluctablement à une mainmise de l’ensemble de la chaine par les manufacturiers ? Tel était le thème d’une table ronde organisé le 15 juin dernier par notre confrère Le Pneumatique et où les indépendants, malheureusement pas (assez) présents, ont des cartes à jouer…

Le Syndicat des professionnels du pneu (SPP) a tiré le bilan, le 2 mars, du marché sell-out des pneumatiques en 2016. Une année marquée par un léger recul des volumes mais une vraie baisse des prix moyens sur le segment TC4 (tourisme, camionnette, 4×4/SUV). Et surtout, un exercice qui a permis de confirmer le poids des pneus “budget” dans les parts de marché. Et l’envolée d’un segment encore sinistré deux ans plus tôt : le pneu toutes saisons.

Sur un marché du pneumatique morose en 2015, malgré un bon début d’année, l’arrivée du pneu CrossClimate de Michelin a visiblement entraîné un sursaut du marché du “toutes saisons” inattendu, selon les chiffres dévoilés le 16 février par le Syndicat des professionnels du pneu (SPP). Le résultat d’une communication réussie de la part des manufacturiers comme des négociants-spécialistes. Les ventes du pneu Michelin ont profité également à ses concurrents sur la catégorie, certains comme Goodyear-Dunlop étant historiquement positionnés dessus.

Le marché du pneu poids lourd a souffert d’une situation tout à fait inédite en 2015 : compte tenu de la baisse des cours des matières premières et de la parité euro/yuan plus favorable à la monnaie chinoise, les ventes de pneus rechapés “made in Europe” se sont effondrées au profit d’enveloppes chinoises très bon marché mais bas de gamme. Et souvent loin des normes environnementales exigées par la France…

 

Avec l’évolution des modes de déplacement et un climat clément pour la deuxième année consécutive, le marché du pneu TC4 (VP, VUL et 4×4) est resté très contenu en 2014. Le volume global a même reculé pour la première fois depuis 2009. Mais dans ce contexte plutôt défavorable, les marques premium continuent, et plus que jamais, de dominer les ventes.

Alors que d’autres syndicats patronaux créent de nouvelle structures (Smava pour le CNPA, SNISA pour la Feda) ou s’adjoignent de nouvelles professions (auto-écoles pour la FNAA) afin d’asseoir leur représentativité dans la branche des Services de l’automobile, le Syndicat des pros du pneu (SPP), lui, reste serein. Pour l’instant concentré sur son cœur de métier et fort de plus de 1 000 adhérents, il est aujourd’hui la 3ème organisation professionnelle de la branche.