SNDEA

Suite à la récente demande de la CFEA (Confédération française des experts en automobile) de voir reconnu par l’État le “code de déontologie des experts” adopté par ses membres en avril dernier, le SEAI (Syndicat des experts en automobile indépendants) dénonce le manque de légitimité du texte, qui n’a pas été souscrit par l’ensemble de la profession d’expert et qui ne saurait se substituer aux dispositions qui encadrent déjà la profession tel qu’elles apparaissent dans le Code de la route.  
Plutôt discret depuis plusieurs mois, le Syndicat national des experts en automobile (SNDEA), qui courrait après les adhésions pour atteindre les fameux 8% de représentativité exigée par la loi pour 2017, vient finalement d’être mis en sommeil par son bureau et notamment son président, Jacques Cornut, selon une lettre récemment envoyée aux adhérents. Un aveu d’échec au moins temporaire.  
Après avoir obtenu les condamnations de Groupama, de la Maaf et de la Macif devant les tribunaux dans le cadre de procédures de recours direct, l’expert azuréen Karim Megrous espère être suivi dans son combat par les plus indépendants de ses confrères. Et initier un mouvement qui conduirait la profession à s’affranchir réellement des liens nocifs qui la lient aux compagnies d’assurance. Entretien.  
En protestant contre les conditions drastiques de l’appel d’offres d’Allianz aux experts libéraux, le SNDEA n’aura finalement récolté qu'un courrier de son Directeur indemnisation automobile enregistrant cliniquement les arguments de la lettre de Jacques Cornut pour mieux les révoquer. L'assureur, également interpelé par l'ANEA qu'il tient tout autant à distance, n'a visiblement pas peur d'avoir ouvert deux fronts syndicaux...
Ce n'est pas en soi la résiliation massive du réseau d'experts d'Allianz qui pose problème mais plutôt sa froide violence. Les experts ne la digèrent pas. Au vu de la toute dernière lettre de l'ANEA à ses adhérents (comme de celle d'Allianz au SNDEA), le front syndical n'a pas encore pu infléchir l'assureur qui ne change ni forme, ni fond. Si révolte d'experts il devait y avoir, sera-ce par l'ANEA elle-même comme son courrier peut le laisser entendre ou au seul niveau individuel d'experts résiliés mais pas résignés ?
Alors que l’ANEA s’est élevée, en interne, contre les résultats de l’appel d’offres d’Allianz qui a laissé plusieurs dizaines de ses membres sur le carreau, le SNDEA, lui, a choisi de s’adresser directement au président du conseil d’administration de l’assureur, Jacques Richier. Une action nécessaire pour le jeune syndicat qui se veut représentatif… quitte à plaider, pour cela, la clémence d’Allianz pour ses désormais ex-experts agréés.
Les assureurs ne veulent pas du libre choix du réparateur, on le sait. L'arme espérée létale qu'ils déploient contre lui, c'est le “rôle économique de l'expert”, cette notion floue que les donneurs d'ordre veulent maintenant étendre jusqu'à étouffer chez les carrossiers tout espoir né de cette loi. Les fédérations de réparateurs l'ont compris : l'expert est en l'occurrence plus victime de sa situation de dépendance que...
Fidèle à sa logique de poursuivre coûte que coûte les travaux sur les annexes de la « charte de bonnes pratiques experts-réparateurs », la branche carrossiers du CNPA a achevé de compiler les décisions de justice rendues depuis huit ans qui permettront de restreindre « l’appréciation objective » par l’expert du marché local de la réparation sur lequel il travaille. De quoi confiner le si décrié « rôle économique de l’expert » à son expression minimale, favorable, en premier lieu, au réparateur…
Qu’ils réclament une expertise contradictoire, qu’ils ne répondent pas aux convocations de la partie lésée ou qu’ils fassent tout simplement traîner les dossiers de règlement des victimes d’accidents non responsables, les assureurs essaient tant bien que mal de tuer dans l’œuf la pratique du recours direct. Pourtant il existe, dans le Code des Assurances, un article qui légitime purement et simplement cette pratique ! Et un expert libéral de la Côte d’Azur, fervent pratiquant du recours en droit commun, a su l’utiliser à bon escient auprès de ses clients…