VGE

En préambule de son tout premier Symposium, consacré à l’entretien de systèmes de dépollution moteur, l’Alliance nationale des experts en automobile (ANEA) et son président, François Mondello, ont tenu à révéler quelques statistiques issues de son concentrateur concernant la sécurité du parc. Lesquels révèlent une baisse du taux de pneus très usés dans le parc de véhicules expertisés en 2017 et, à l’inverse, une hausse sensible du taux de véhicules dangereux.

D’après nos confrères du quotidien Le Parisien, environ 1 250 nouvelles épaves roulantes illégalement validées VO par un expert ont été identifiées par les gendarmes d’Amiens et de Senlis. Une nouvelle affaire VGE qui devient l’occasion pour l’agence Generali locale de lancer un étonnant discrédit sur les experts indépendants dont «il faut se méfier». Des indépendants qui apprécieront sûrement…

Parce qu’à l’occasion d’un reportage du Journal de 20 heures de France 2, le 4 janvier, sur les arnaques aux faux VO/vrais VGE, la chaîne publique a attribué à la profession d’experts en automobile le chiffre de 5 à 7% d’experts « véreux », la CFEA a violemment réagi. Non, ce chiffre ne vient pas d’elle, et les fraudeurs qui font aujourd’hui l’objet de poursuites judiciaires ne seraient pas plus d’une dizaine, soient moins de 0,3%…

Dans le cadre de l’émission “Enquête Exclusive”, M6 a diffusé le 10 décembre dernier un document intitulé “Epaves et pièces détachées : enquête sur les trafics de voitures”. L’occasion pour la chaîne de faire un point sur certaines affaires de VGE revendus comme VO en cours de jugement, et de tester aussi sur le terrain si le décret “pièces d’économie circulaire” est suivi par les réparateurs, bien que son arrêté d’application ne soit toujours pas paru…

Toujours très engagée dans la défense des automobilistes face aux abus des compagnies et mutuelles d’assurance, la Ligue de défense des droits de l’assuré (LDDA) a pris le temps de réfléchir aux moyens d’éviter à l’avenir d’éventuels nouveaux scandales d’épaves roulantes. Et préconise tout simplement, dans une lettre adressée à plusieurs ministères du gouvernement Edouard Philippe, d’interdire la réparation des véhicules économiquement irréparables (VEI) en vue d’une remise sur le marché du VO.

Une affaire de faux VO/vrai VGE ressurgit de l’Histoire… Il y a 20 ans, Lady Diana mourait suite à un accident de voiture sous le Pont de l’Alma, avec son amant égyptien Dodi al-Fayed. Un véhicule qui, selon l’ouvrage récemment paru intitulé Qui a tué Lady Di ?, avait subi un grave accident trois ans avant le crash fatal à la princesse, avant d’être réparé in extremis et revendu à la société de limousines qui conduisait le couple le 31 août 1997.

Suite à la multiplication des affaires d’épaves roulantes revendues sur le marché de l’occasion, le Syndicat des experts en automobile indépendants (SEAI) a tenu à réagir en rappelant que les professionnels non adhérents à la Confédération française des experts en automobile (CFEA) avaient eux aussi toute légitimité à procéder aux expertises de sécurité des véhicules incriminés.

Repoussé aux calendes grecques suite à la nomination d’un juge d’instruction, le premier procès qui devait se tenir en mars 2016 à Evry, dans le cadre de l’escroquerie aux 5 014 faux VO/vrais VGE, verra sans doute plusieurs dizaines de victimes constituées partie civile. Me. Antoine Portal, avocat au barreau de Clermont-Ferrand, a ainsi pu faire verser les dossiers de plusieurs victimes de sa région à l’instruction. Il nous en dit plus…

Une affaire supplémentaire a été révélée dans le scandale des faux VO/vrais VGE. Nos confrères du journal Le Parisien, déjà les premiers à lever le voile sur l’affaire “des 5 014” à l’été 2015, viennent d’annoncer que quelque 1 021 véhicules –autos, motos, VUL, triporteurs et voiturettes– seraient suspectés d’être dangereux. Le Ministère de l’Intérieur a d’ores et déjà fait parvenir à leurs propriétaires un courrier les sommant de soumettre leurs véhicules à une expertise de sécurité…

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