VI : la maintenance multimarque manque de bras !

Le dernier Club de la Distribution Automobile (CDA) organisé par la Feda a vu l’annonce de la parution du Livre blanc du véhicule industriel. Face aux enjeux technologiques des poids lourds entrant dans les ateliers de maintenance multimarques, la formation et le recrutement ont été au centre des débats…

Après l’édition d’un livre blanc consacré au véhicule électrique, le dernier club de la distribution automobile organisé hier par la Feda, a été l’occasion pour l’organisation professionnelle de poursuivre de sa mission prospective avec l’annonce de la parution d’un Livre blanc cette fois dédié au véhicule industriel.

10 % d’effectifs manquants

Intitulé « Maintenance multimarques VI : une filière d’avenir», son objectif est de donner les clés d’un secteur lui aussi en pleine mutation technologique, où les impératifs environnementaux débouchent sur une pluralité d’énergies alternatives aux carburants fossiles. Un phénomène de bascule du mix énergétique qui risque bien d’arriver plus tôt que l’on ne croit avec la mise en place de ZFE (zones à faibles émissions). Avec, en aval, d’importants impacts dans les ateliers de maintenance multimarque.

Car ce CDA a aussi permis, dans le cadre d’une table ronde, de mettre en évidence la problématique aigüe de formation et de recrutement au sein de la filière de l’entretien-réparation VI. Avec un premier constat : il manque quelque 10 % des effectifs au sein de la filière indépendante…

Manque de reconnaissance

A travers sept métiers VI, la Branche des services de l’automobile recense actuellement un peu plus de 26 000 salariés, soit 6,2 % des effectifs totaux de la Branche. Un chiffre certes en hausse, mais qui n’occulte pas non plus le fait que la population est vieillissante (40,9 ans d’âge moyen dans les ateliers), et que la pyramide des âges laisse prochainement entrevoir de nombreux départs à la retraite qu’il va être, en l’état, difficile de combler.

Ça ne date pas d’hier : les métiers de l’après-vente, et notamment ceux du secteur du camion, souffrent d’une mauvaise image auprès des jeunes. Pourtant, les métiers changent, de par le produit qui évolue vers toujours plus de technicité.

En outre, les entreprises constatent un décalage entre la formation initiale des jeunes et les besoins actuels dans les ateliers. Ce que résume Benoit Migeon, directeur général de TVI et président de la commission Feda VI : « Nos entreprises sont restée trop longtemps hors du parcours pédagogique des jeunes, attendant que ces derniers sortent de l’école pour leur ouvrir leur porte ; il faut aujourd’hui faire partie prenante du processus de formation initiale, montrer aux jeunes et aux familles nos métiers, leur attractivité et les perspectives professionnelles de ce secteur. »

Les réseaux en pointe

Les têtes de réseaux ont pris le problème à bras le corps. Car il y a urgence : « sur les 240 points de service que compte le réseau AD Poids Lourds, il manque une centaine de collaborateurs », déclare Guillaume Faurès, directeur général des activité poids lourds chez Autodistribution. Son de cloche identique chez son concurrent AAG : « il nous faudrait en effet 10 % de collaborateurs en plus dans nos ateliers », confirme Jérôme Brunner, directeur des réseaux PL.

Pour ‘alimenter’ les ateliers en jeunes techniciens, elles multiplient donc les initiatives. « Depuis 2017, nous avons un partenariat avec le lycée professionnel Emile Béjuit, à Bron (69) afin de permettre à ses élèves en maintenance VI d’intégrer plus facilement nos structures », détaille J. Brunner.

Pour l’Autodistribution, la problématique de pénurie de main d’œuvre ne touche pas seulement les métiers techniques. « Nous avons mis en place un une école des ventes AD Poids-Lourd (avec l’établissement Idrac), qui dispense une formation sous la forme d’un CQP et nous devrions embaucher la moitié de la première promotion », annonce G. Faurès. Quant à TVI, le groupement avait dès 2019 annoncé sa volonté d’organiser des journées portes ouvertes dans ses points de service afin de rencontrer 20 000 jeunes pour les sensibiliser aux métiers de l’après-vente VI.

Formations continues

Et leurs efforts ne s’arrêtent pas là. Un travail tout aussi important est opéré en matière de formation continue. Ainsi, chez AAG comme chez Autodistribution, chaque technicien est évalué afin de mettre en place un plan de formation individualisé. Pour TVI, outre un audit annuel, le groupement a entamé l’Euro 6 Tour, une campagne de formation nationale comprenant 11 sessions dans toute la France pour aller former les techniciens du réseau aux nouvelles motorisations entrant dans les ateliers.

Daf Conseil, organisme de formation qui intervient aussi bien sur le segment VL que celui du VI, aide à la montée en compétences des techniciens de ces trois réseaux. «Avec l’arrivée des véhicules Euro 6 dans les ateliers, il existe un véritable fossé technologique par rapport aux véhicules plus anciens, explique Jacques de Leissègues, président de Daf Conseil. Aussi les formations les pus demandées à l’heure actuelle portent sur la maîtrise des outils de diagnostic et la dépollution.» 

Dans un secteur où le turn over des techniciens est très (trop) important, investir dans leur montée en compétence reste, avec la rémunération, un des meilleurs moyens de les fidéliser…

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