Solutrans 2019 – G Truck : des arguments à faire valoir

Présent sur le salon Solutrans, le réseau G Truck/Top Truck a déployé ses atouts dans un marché de l’entretien-réparation PL qui, s’il s’est révélé porteur sur les exercices 2018 et 2019, devrait nettement ralentir dès l’année prochaine…

Le stand G-TRUCK sur Solutrans. Credit photo ©Cyrielle Jacques ©Les Parisiennes Photographes

Le stand G-Truck sur Solutrans. Credit photo ©Cyrielle Jacques ©Les Parisiennes Photographes.

G Truck, membre d’Alliance Automotive Group (AAG), a pris pour habitude de réunir tous ses adhérents la veille du salon pour leur convention. Cette année, l’accent a été mis sur les multiples atouts dont l’enseigne peut se prévaloir dans un contexte de marché qui devrait sérieusement se tendre dans les prochains mois…

Pour Jean-François Bernard, directeur de l’activité PL chez AAG, le faste de ces deux dernières années devrait en effet rapidement toucher à sa fin. «Les deux derniers exercices ont été de très bonne tenue pour les réseaux d’indépendants, explique-t-il : tandis que les réseaux de marque enregistraient des records de ventes de camions neufs, leurs ateliers étaient tout à la préparation de ces véhicules et nous laissant le champ libre à l’entretien du reste du parc. En parallèle, le durcissement du contrôle technique PL a amené nombre de transporteurs à remettre à niveau tracteurs, porteurs et remorques, ce qui a significativement alimenté nos ateliers».

Vers une concurrence accrue

Résultat : aujourd’hui, une part significative du parc a été renouvelée, et les réseaux de marque, qui devraient être moins accaparés par la préparation de VN dans le futur, vont vraisemblablement se repositionner sur l’entretien du parc roulant. Et s’ils ont pour eux un fort taux de pénétration des contrats d’entretien et autres extensions de garantie sur les véhicules Euro 6 actuels (de l’ordre de 50% dans les ventes de VN), ils fourbissent également leurs armes pour (re)conquérir un parc plus ancien.

Les offensives TRP chez DAF, VRS chez Scania ou l’accord noué entre Man et CAP VI pour que le premier soit alimenté en pièces équipementières par le second, démontrent que les stratégies multimarques des constructeurs ne se retrouvent pas uniquement sur le segment des VL. Ni que les constructeurs de VI ont définitivement abandonné toute velléité sur le marché de la remorque…

Face à ces défis à venir, G Truck entend donc faire valoir plusieurs atouts. A commencer par un maillage qui permet aux clients de s’appuyer sur un réseau cumulé des trois enseignes G Truck/Top Truck/MP Truck particulièrement dense. Un réel atout en termes de proximité car les accords grands comptes ont été transversalisés au sein d’AAG et le « petit frère » comptant une soixantaine de points de service, MP Truck, vient désormais s’adjoindre aux 87 ateliers Top Truck (+4 en 2019) et aux distributeurs G Truck. Soit plus de 250 points de service en France !

Intégrations réussies

En parallèle, l’offre pièces a été considérablement renforcée ces derniers mois avec l’entrée au sein d’AAG d’Aprevia, spécialiste sur le marché de la rechange indépendante de la pièce d’origine Iveco (notamment). Racheté l’année dernière, le distributeur peut ainsi avantageusement servir de fournisseur de pièces OE sans que le distributeur G Truck ou les ateliers Top Truck ou MP Truck aient à passer par le canal officiel du réseau constructeur.

Plus récemment, AAG a mis la main sur Todd, l’un des derniers grands groupes indépendants du secteur du VI et qui, avec 40 000 références stockées sur sa plateforme de Giberville, près de Caen, vient apporter son expertise sur l’univers de la remorque. A noter enfin, le récent référencement du constructeur Kögel, 3è acteur sur le marché allemand, et qui «doit permettre à nos adhérents de défendre leur métier historique à l’heure où les constructeurs se penchent sur ce segment de marché», estime Jean-François Bernard.

Si l’offre est donc particulièrement étoffée, l’un des principaux défis pour l’année à venir sera logistique, cette composante étant «le nerf de la guerre» selon lui. «Nous allons rationaliser les stocks des plateformes nationales du Rheu (NdlR : plateforme historique de G Truck) et de Giberville, poursuit-il, et nous déployons des plateformes de dépannage à Lille (Préférence Nord), dans l’Est à Metz, à Lyon (Durand) et à Nîmes pour une disponibilité optimale.»

Grands comptes : évolutions des mentalités ?

Cause ou conséquence, face à cet élargissement du champ des possibles pour une enseigne indépendante, les gestionnaires de flottes semblent aujourd’hui repenser très sérieusement leur modèle en matière d’entretien-réparation de leur parc.

Pour au moins deux grands comptes d’envergure nationale, les lignes ont bougé pour G Truck. Avec la possibilité de n’avoir qu’un seul interlocuteur pour intervenir sur le tracteur ou le porteur, la remorque, avec plus de proximité, ils ont décidé de faire entretenir leur flotte même sous période de garantie. «Avec la possibilité de monter des pièces d’origine sur leurs véhicules encore sous garantie, deux clients grands comptes nous ont confié l’entretien de leur véhicule dès le premier kilomètre !», se félicite le directeur de l’activité PL au sein d’AAG.

Un signe d’un début de réelle révolution culturelle chez les transporteurs ? Voire : le salon Solutrans 2019 a mis en évidence combien la connectivité des véhicules mis sur le marché et les services associés en matière d’entretien-réparation pourraient permettre aux constructeurs de « verrouiller » encore un peu plus leur position sur le marché de l’après-vente…

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Jérémie Morvan