Actualités VI/VUL Coronavirus

Etude FFC-BIPE : se préparer dès maintenant au rebond…

Une étude réalisée par le Bipe à la demande de la FFC, a mesuré l’impact du covid-19 sur les marchés européens et français du VUL et du VI, et a établi des prévisions du marché jusqu’à l’année 2021. Des prévisions pas si pessimistes… avec toutefois un présupposé : redémarrer très vite la machine industrielle.

Dans son étude réalisée pour la FFC, le Bipe table sur une reprise de la demande intérieure européenne dès le T3 2020 et une confirmation plus franche encore en 2021

 

La dernière étude en date de l’institut Bipe pour la Fédération Française de la Carrosserie (FFC) s’est penchée sur l’impact du covid-19 sur la filière du véhicule industriel et urbain ainsi que les perspectives de marché européen en général (UE15 + Suisse et Norvège), et français en particulier, à court terme (2020-2021). Cette étude, réalisée entre 23 mars et le 2 avril, se veut un « tableau de bord pour les adhérents, constructeurs-carrossiers et équipementiers » déclare Patrick Cholton, président de l’organisation professionnelle, afin que ceux-ci puisent établir un prévisionnel pour les exercices 2020 et 2021. Car à l’heure où le déconfinement approche, le président de la FFC souhaite voir l’ensemble de la filière redémarrer au plus vite pour limiter les effets du covid-19 sur l’état de santé financière des acteurs du VUL et du VI…

2020 en berne, 2021 en trombe ?

La cause est entendue : l’année 2020 sera, en termes d’immatriculations VUL et VI, un mauvais cru. En Europe comme en France. Encore que, selon le Bipe, les effets dévastateurs sur le plan économique du coronavirus pourraient bien ne pas durer, et envisage un rebond de la demande intérieure en Europe dès le troisième trimestre de l’année ! La France devrait suivre la tendance ; avec une récession aux deux premiers trimestres, la reprise pourrait s’amorcer dès le T3 avant une croissance plus franche encore sur le dernier trimestre 2020.

Et si le Bipe ne se veut donc pas trop pessimiste pour l’exercice 2020, il voit clairement 2021 comme une année de reprise, avec des ventes VUL à près de 1,75M d’unités (contre un peu moins d’1,5M attendu en 2020), et un marché du VI (tracteurs et porteurs de plus de 5,1 t.) remonter en 2021 à un peu moins de 260 000 unités contre 215 000 environ sur 2020…

En France, après une demande hors norme en 2019, les acteurs du marché s’attendaient à une année 2020 moins florissante. Elle sera certes bien pire que prévu, avec des ventes de VUL attendues à -24 % avec 362 000 unités écoulées (contre une hausse de 4,3 % en 2019), et des ventes de VI à -35 % soit 36 200 unités. A noter, le coup brutal enregistré sur le deuxième trimestre, avec une chute de 84 % des immatriculations…

En revanche, à l’instar du marché européen, le marché hexagonal devrait retrouver des couleurs dès 2021 avec +16 % sur le segment des VUL (420 000 unités escomptées) et une hausse de 22 points sur celui du VI avec 44 000 tracteurs et porteurs immatriculés !

Selon les prévisions du Bipe, la reprise pour intervenir dès le T3 2020...

Selon les prévisions du Bipe, la reprise pour intervenir dès le T3 2020…

Redémarrer dès le 11 mai

«Nos entreprises doivent pouvoir reprendre dès la mi-mai si elles entendent conserver les bénéfices des deux dernières années d’activité qui avaient été bonnes», poursuit-t-il. Bien sûr, toutes les conditions de sécurité pour le retour des collaborateurs devront être réunies, mais il souhaite voir rouvrir 100 % des entreprises pour accompagner la reprise. Bien sûr encore, avec 80 % des prises de commande en moins qu’un an plus tôt, le retour à la normale de l’activité ne sera pas au rendez-vous le 11 mai prochain. Toujours est-il que les carrossiers-constructeurs membres de la FFC disposaient, juste avant le début de la période de confinement, de carnets de commandes correspondant à 3 à 4 mois d’activité.

De même, la reprise des lignes de production des constructeurs VI, là encore certes très progressive, doit permettre aux carrossiers de disposer de châssis pour répondre aux au besoin de renouvellement des flottes de poids-lourds. Car contrairement à la crise financière de 2008, le renouvellement n’a visiblement pas été remis en cause par l’impact du coronavirus sur le secteur (selon la FNTR, 59 % des VI étaient à l’arrêt au moment de l’étude, mais «70 % des camions sont aujourd’hui sur la route», précise Patrick Cholton) ; au pire assiste-t-on à un report des commandes.

Un écueil à éviter toutefois : la dangereuse tendance à voir les délais de paiement se rallonger exagérément, mettant en péril les entreprises de la filière dont la trésorerie est déjà mises à mal par la brutale chute d’activité…

Une filière à repenser

Autre problématique soulevée par cette étude : la double dépense des acteurs de la filière française du camion aux intrants chinois et italiens. «Cette crise sanitaire mondiale va nous amener à repenser la façon dont on s’approvisionne, la forte demande européenne auprès des fournisseurs chinois à l’heure du déconfinement dans plusieurs pays du Vieux Continent impactant actuellement les prix de manière très significative», estime le président de la FFC. Et de rependre l’idée déjà avancée par la Fiev d’une relocalisation d’une partie de la production…

Au-delà, c’est bien d’une refonte globale qu’évoque Patrick Cholton, avec l’activation d’un véritable plan de relance qui devra tout autant aborder la problématique du rééquipement industriel français que le schéma logistique, la montée en puissance des énergies renouvelables ou encore la création d’une cellule VU/VI au sein de la PFA afin que la filière et les acteurs de du monde de l’automobile puissent parler d’une même voix auprès des pouvoirs publics.

«La crise va nous amener à aller plus loin encore en matière d’innovation, les attentes des consommateurs se faisant de plus en plus pressantes en matière d’énergies propres», précise Patrick Cholton. L’innovation doit ainsi permettre à la filière de sortir par le haut de cette pandémie devenue crise économique. A ce tire, l’impression 3D, un des chevaux de bataille de la fédération depuis plusieurs années déjà, et remis sur le devant de la scène aujourd’hui, pourrait devenir un des leviers majeurs pour la relocalisation de la production de certaines pièces…

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La rédaction