Contre-visites: le nouveau contrôle technique accouche d’une souris

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Les Cassandre en seront pour leurs frais. Selon Dekra, la mise en place au nouveau contrôle technique le 20 mai dernier n’a pas engendré l’explosion du nombre de contre-visites tant redouté par certains et allègrement relayée par les media. Et la deuxième étape, au 1er janvier prochain, ne devrait pas faire beaucoup plus de vagues…

Le réseau Dekra a récemment dévoilé les premiers résultats des contrôles techniques (CT) effectués dans ses centres suite à la mise en place du nouveau cadre réglementaire le 20 mai dernier.

Détenant une part de marché de 25 % avec 6,3 millions de contrôles VP réalisés en 2017 sur un peu plus de 25 millions, le groupe Dekra, au travers de ses trois réseaux de contrôle technique Dekra, Norisko et Autocontrol (soit un total de 1 538 sites), donne ainsi une photographie assez précise de l’impact du contrôle technique dans sa nouvelle version sur le taux de refus. Et cette photographie est loin de coller aux propos alarmistes que certains ont pu tenir avant sa mise en place, prédisant alors une explosion du nombre de contre-visites.

Petit retour en arrière. Si l’augmentation du nombre de points de contrôles s’est avéré somme toute modéré, passant de 123 à 133 ‘seulement’, celui des défaillances pouvant être constatées par les contrôleurs avait quant à lui explosé pour passer de 410 à 610. Par ailleurs, l’une des mesures les plus emblématiques de ce ‘nouveau contrôle technique’ consistait en l’apparition de trois niveaux de défaillance : mineures, majeures et critiques. La dernière pouvant, faute de réparation, entraîner l’immobilisation du véhicule…

La montagne accouche d’une souris

Tout était réuni pour créer un climat anxiogène. Une peur largement reprise -voire amplifiée- par les media. Au point de voir les automobilistes se ruer dans les centres durant les semaines précédant l’arrivée du nouveau contrôle technique, générant des croissances de fréquentation à deux chiffres. «Nous avons vu défiler dans nos centres des véhicules qui avaient à peine deux ans !», s’étonne encore Karine Bonnet, présidente du réseau et directrice générale adjointe marketing et ventes de Dekra Automotive SAS. Panique déraisonnable…

En effet, selon le réseau de CT, le taux de contre-visite VP au sein des trois réseaux du groupe (cumul de tous les procès-verbaux mentionnant au moins une défaillance majeure ou une critique) s’est établit à 22,4 % depuis le 20 mai dernier. Pour mémoire, il était de 19,6 % en 2017 (pour une moyenne nationale de 18,6 %). Et surtout, les défaillances critiques ne participent qu’à hauteur de 1,4 % au total des contre-visites ! Ce qui fait dire à Xavier Diry, directeur général du contrôle technique de Dekra Automotive, que «les mesures édictées par Bruxelles sont des mesures de bon sens, œuvrant à plus de sécurité sur les routes».

La hausse du taux de contre-visites est certes un peu plus marquée sur le PL. Il passe de 11,3 % en 2017 à 17,2 %. Mais, là aussi, le taux de défaillances critiques (NdlR : les trois niveaux de défaillance existent sur les contrôles PL depuis 2005) ne crève pas les plafonds. Il ne représente que 2,7 % des 17,2 % précédemment mentionnés. «Ce sont surtout les défaillance majeures qui ont significativement augmenté», confirme Rémi Courant, directeur qualité et technique de DEKRA Automotive SAS.

Impact limité aux cas particuliers

C’est en substance ce qu’avait prédit Cathy Bieth, cheffe du bureau animation du contrôle technique déconcerté au ministère de l’Ecologie, lorsqu’elle était venue démêler le vrai du faux lors du dernier congrès de l’ANEA, en avril dernier, à quelques encablures de la première modification du contrôle technique : «L’impact des défaillances critiques ne concerneront que des cas très particuliers». Et c’est exactement ce qui s’est produit.

Si les défaillances critiques se sont avérées in fine peu importantes sur le nombre total de contre-visites, dans le détail, il convient de noter que, sur le parc VL, le top 5 s’arrogent 50 % du nombre de contre-visites pour ce type de motif. Et parmi eux, le seul pneumatique ne concerne pas moins d’un quart des défaillances critiques (corde visible ou endommagée, profondeur des sculptures non conforme). Pour les PL, «la fonction freinage représente à elle seule 6 des 10 principales défaillances critiques relevées dans nos centres», complète Xavier Diry.

Les diesels en danger au 1er janvier 2019 ?

La deuxième phase de l’évolution du contrôle technique prévue au 1er janvier prochain, dans le cadre des évolutions liées à la Loi sur la Transition énergétique et la croissance verte, verra cette fois les centres contrôler l’opacité des véhicules diesels avec de nouveaux appareils associés à l’utilisation de valeurs limites issues de la réception des véhicules – valeurs tenant compte toutefois du vieillissement du véhicule.

Avec un quart de son réseau de contrôle technique d’ores et déjà équipé et formé au futur contrôle technique de 2019, Dekra a réalisé des tests en ce sens pour tenter de quantifier de l’impact de ce futur nouveau cadre réglementaire. Le réseau de contrôle technique estime que de 0,8 % en 2017, le taux de refus pour cause d’opacité des fumées devrait atteindre 5 à 7 % en 2019. Significatif donc, mais là encore Xavier Diry souhaite tempérer : «passer de 1 à 5 % sur une proportion du parc VP d’environ 60%, cela revient à dire que la hausse globale devrait être limitée à 2,4 %».

Reste cependant qu’en cumulant les deux évolutions successives du CT, le taux de contre-visites aura pris plus de 5 points entre 2017 et 2019…

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