Etude après-vente TCG Conseil – Vers le retour en grâce des réseaux constructeurs?

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Une étude prospective sur le marché de l’après-vente à l’horizon 2025 réalisée par TCG Conseil à la demande de la branche concessionnaires du CNPA laisse apparaître de profondes mutations du marché. Et divers éléments structurant ce dernier qui pourraient permettre aux réseaux constructeurs de reprendre -ou du moins en partie- la main après des années de recul…

Premier constat de l'étude TCG Conseil: le marché de l'entretien-réparation n'évoluera que très peu d'ici 2025,et le panier annuel par véhicule va même légèrement régresser... (Cliquez sur le graphique pour l'agrandir)

Premier constat de l’étude TCG Conseil: le marché de l’entretien-réparation n’évoluera que très peu d’ici 2025,et le panier annuel par véhicule va même légèrement régresser… (Cliquez sur le graphique pour l’agrandir)

La branche concessionnaires du CNPA a commandé une étude prospective au cabinet TCG Conseil portant sur les évolutions du marché de l’après-vente à l’horizon 2025. La précédente étude, réalisée en 2015 sur la base de chiffres 2013, s’avérait pessimiste : tandis que le cabinet anticipait en effet à horizon 2022 un vieillissement du parc et une baisse du kilométrage annuel moyen, il en déduisait un impact particulièrement négatif sur les réseaux constructeurs, anticipant une baisse de 5% en volume dans leurs ateliers (voir «avenir radieux pour les indépendants, odieux pour les RA1/RA2 ?)».

Pour cette nouvelle étude prospective de l’après-vente en 2025, TCG Conseil relève que divers indicateurs sont depuis passés au vert, permettant d’anticiper un avenir moins sombre à défaut de pouvoir le prédire radieux…

Un parc en mutation
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Pour réaliser cette analyse prospective à horizon 2025, le cabinet a retenu plusieurs facteurs structurant le marché pour se projeter dans 7 ans.

A commencer par un parc qu’il prédit en hausse. Car sans atteindre le sommet connu l’année dernière, avec quelque 2,173 M de véhicules vendus (et ce, malgré un net ralentissement au dernier quadrimestre), l’étude table sur des ventes annuelles de 2M d’unités, permettant au parc de croître de 2,6% entre 2017 et 2025 pour passer de 32,4 M à 33,2 M de véhicules particuliers. De même le kilométrage annuel moyen, reparti à la hausse depuis 2013, ne devrait pas connaître de ralentissement. Il devrait même enregistrer une légère progression estimée à 1,6% sur cette période pour s’établir à 13 470 km.

Ensuite, c’est la structure même du parc qui va profondément se modifier en 7 ans : la part des véhicules de moins de 4 ans, portés par la prime à la reconversion et un contrôle technique rendu plus sévère, notamment en matière d’émissions polluantes, va en effet progresser de 2 points (de 24,1% au 1er janvier 2017 à 26,1% au 1er janvier 2026), tandis que la tranche de véhicules de 5 à 10 ans ne représentera plus que 36,7% (contre 37,8% en 2017). Les véhicules de 11 ans et plus voient eux aussi leur part dans le parc baisser, pour passer de 38,1% à 37,2%.

Diesel en berne

Idem pour les motorisations : la part des véhicules diesels va significativement baisser pour passer de 61,6 à 36,6% du parc roulant. Les véhicules essence vont, eux, connaître une courbe contraire, et passer des 36,9% actuels à 53,2%. Ce qui ne sera pas neutre pour les ateliers… Quant aux motorisations alternatives, leur part ne devrait pas dépasser les 10% avec, dans le détail, 7,1% du parc composé de véhicules hybrides, et seulement 2,7% de véhicules électriques…

A ce stade, on le voit déjà : la part grandissante d’un parc plus jeune, cible de prédilection des réseaux de marque, ainsi que le taux de pénétration des véhicules hybrides et électriques dans le parc roulant sont deux cartes que les professionnels sous enseigne constructeur pourront jouer dans les années à venir…

Un marché flat en volume, pas en valeur…
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In fine, le marché de la maintenance-réparation devrait rester à peu près stable en volume, malgré un accroissement du parc roulant. Car si la généralisation des recommandations d’entretien annuel de la part de grands constructeurs généralistes et un parc plus important plaident logiquement pour un nombre supérieur d’entrées-atelier en 2025, l’effet est «corrigé» par une fiabilité plus importante des véhicules de 10 ans et plus, baissant le taux d’incidence de 23,5%. Ainsi, l’entretien devrait gagner 4,3% en volume ; mais la réparation perdrait, elle, 11,5% d’entrées-atelier…

TCG Conseil s’attend donc à ce que la volumétrie de marché fléchisse très légèrement (0,5%), passant de 50,3 millions d’opérations d’entretien et de réparations mécaniques (VP+VUL)  réalisées en 2016 à 50 millions en 2025.

En revanche, l’activité après-vente devrait croître en valeur. Selon TCG Conseil en effet, le montant moyen par opération de réparation et de maintenance devrait progresser de 2% et passer de 275 € en 2016 à 280 € en 2025 (prix HT, corrigé de l’inflation et exprimé en € 2016 constants). La part grandissante de l’électronique embarquée sur les véhicules modernes ne devant pas être totalement étrangère à cette hausse, même contenue.

En valeur, le marché de la réparation-maintenance (VP et VUL) devrait ainsi augmenter de 1,6% et grimper à 14,024 mds d’€ en 2025 contre 13,804 mds en 2016. Dans le détail, l’entretien gagnerait 0,9% et passerait de 5,827 à 5,88 mds d’€ tandis que les réparations, même à -11,5% en volume, gagneraient 1,6% en valeur en atteignant 5,096 mds d’€ en 2025 contre 5,017 mds en 2016. Quant au pneumatique, première cause d’entrées-atelier, il gagnerait 2,3 points pour atteindre 3,048 mds d’€ (2,96 mds en 2016).

A noter également : si le marché doit progresser en valeur, c’est essentiellement dû à un parc plus important. Le montant moyen annuel par véhicule pourrait enregistrer, lui, une baisse et passer de 358 à 354 € HT…

L’atout « rajeunissement du parc »…

Reste que si la progression de la valeur du marché est une bonne nouvelle, les canaux de réparation ne profiteront pas tous équitablement de cette manne.

Rappelons que l’analyse prospective anticipe une part plus importante de véhicules de moins de 4 ans dans le parc roulant, cible naturelle des réseaux de marque ; s’ajoute à cela une part dudit parc roulant aux énergies alternatives qui atteindrait 10%. Or, une enquête réalisée par TCG Conseil auprès de près de 1 700 consommateurs automobilistes laisse à penser que cette population de véhicules au contenu technologie plus avancé fait que leur propriétaire est plus enclin à le faire entretenir auprès d’une concession ou d’un agent que d’un réparateur indépendant. A 89%…

Et en matière de technologie, la connectivité des véhicules devrait rapprocher aussi un peu plus le client de son concessionnaire : l’automobiliste, s’il se soucie grandement de la protection de ses données personnelles avec cette nouvelle technologie, semble en tout cas accorder plus de crédit pour le traitement de ses données à des représentants de la marque qu’à tout autre interlocuteur (réparateur indépendant, compagnies d’assurance, sociétés d’assistance…).

… et l’explosion des contrats de maintenance
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Mais il existe encore un dernier atout que les réseaux constructeurs ont dans leur manche : la montée en puissance des contrats de service -dont les contrats d’entretien-, intégrés dans les formules locatives qui ont le vent en poupe depuis plusieurs mois.

Et cela ne devrait pas s’arrêter : Et qui devrait afficher un taux de pénétration flirtant avec les 50% à l’horizon 2025. De quoi « verrouiller » encore davantage -et sérieusement- le client VN…

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Les réseaux de marque pourraient tirer parti de ces différents facteurs pour gagner 2 points en volume en 2025 et passer de 40,4% à 42,6%. En face, les réparateurs indépendants -avec ou sans enseigne- devraient s’accaparer 26,7% du total des entrées-atelier ; les acteurs dits de la nouvelle distribution (centres auto, fast fitters, spécialistes du pneu) devraient quant à eux s’octroyer 27,8% du marché en volume.

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En valeur cette fois, les réseaux de marque devraient rester à 46,8% en 2025, soit la même valeur qu’en 2016. Le fait que les réparations intervenant de plus en plus tard dans l’âge du véhicule (alors qu’il est sorti de sa période de garantie), favorise certes les indépendants. Mais au global, la prolifération de contrats d’entretien aux prix  contenus ou encore l’arrivée dans les ateliers de véhicules électriques, moins consommateurs de pièces d’usure, concourent au moins en partie à cette absence de hausse en valeur. Les MRA devraient représenter 26,5% du total du marché de la réparation maintenance et les centres auto, la réparation rapide et les spécialistes du pneu doivent, en valeur, se contenter de 24,2%.

Reste que l’avenir reste à écrire. On sait déjà qu’en matière de télématique embarquée comme de contrats de services, les réseaux de MRA se sont déjà positionnés ou sont en passe de le faire. Reste à relever le défi de la technologie, qui impose investissements en matériels et en formation des hommes…

Si la bataille pour l’après-vente s’avère plus serrée que jamais, les indépendants peuvent au moins se consoler sur la base d’un indicateur : jusqu’ici, le taux de fidélité des automobilistes aux réseaux de marque n’a pas bougé, à environ 3,5 ans.

Tout cela dit et comme TCG Conseil s’était légèrement trompé dans son étude de 2015, restons calmes et sereins : le pire, comme d’ailleurs le meilleur, n’est jamais certain…

Voir aussi : Carrosserie – ADAS : ange et démon selon TCG Conseil…

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