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PHE en route vers l’introduction en Bourse

PHE (Autodistribution) vient de confirmer vouloir toujours se lancer en Bourse en communiquant sur l’approbation de son document d’enregistrement auprès de l’Autorité des marchés financiers, préalable nécessaire à son introduction sur la place financière Euronext. Avec force d’arguments destinés à attirer l’attention des investisseurs…

Cliquez sur l’image pour télécharger ce communiqué PHE de ce matin.

PHE vient de démarrer son marathon boursier. Le groupe de distribution de pièces et services aux 1,8 milliard d’euros en Europe en 2020 confirme l’approbation de son document d’enregistrement auprès de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers), sésame préliminaire pour partir briguer la corbeille Euronext.

Il reste certes du chemin à faire. Ce n’est là que « la première étape d’une introduction en bourse des actions de PHE », s’empresse de préciser son communiqué de ce matin. La finalisation de la démarche reste encore « soumise à plusieurs conditions, dont l’obtention de l’approbation par l’AMF du prospectus relatif à l’opération et des conditions de marché favorables ».

Cette approbation de l’AMF ne sera certainement qu’une formalité pour un Parts Holding Europe fort de sa première tentative d’introduction de 2018. Le groupe avait alors décidé d’interrompre le processus sur le fil, rebuté par la trop grande frilosité générale des marchés financiers. PHE n’avait d’ailleurs pas été seul à jeter l’éponge lors de cette année jugée noire pour les aventures boursières. Novares, Delachaux et Consolis avaient eux aussi refusé l’obstacle en raison des mauvaises conditions de marché.

Des vents financiers favorables

Mais pour l’instant en tout cas, rien dans le comportement des marchés financiers ne fait craindre un ralentissement des appétences boursières. A en croire nos confrères économiques, c’est même l’euphorie. Les Échos comme La Tribune viennent encore de constater la frénésie d’investissements d’une planète financière enivrée de liquidités disponibles sous toutes ses latitudes.

Pour Les Échos par exemple, « la fièvre des introductions en Bourse gagne les marché mondiaux ». Il dénombre au niveau planétaire 876 introductions en Bourse depuis début 2021 pour l’étourdissant total de 230 milliards de dollars levés (189,5 Mds €). « Du jamais vu depuis vingt ans », insiste le journal. Quand à La Tribune, elle constate que dans notre seule Europe pourtant bousculée par le Brexit et la crise “pandémico-économique”, 83 introductions affichent une progression de +315 % par rapport au 1er trimestre 2020 pour un total de 23,1 milliards de dollars (19 Mds €). « Soit 19 fois les sommes levées » l’an dernier à pareille époque…

Concilier la sécurité acyclique aux nécessaires perspectives de progression

Reste encore à réconcilier marché VN et marché après-vente dans l’esprit d’investisseurs gavés des résultats désastreux que l’industrie automobile mondiale a tristement affichés en 2020. Une vraie quadrature de cercle. Il faut à la fois démontrer aux plus craintifs que, tout automobile qu’il soit, le marché de l’après-vente n’a pas la même sensibilité aux cycles et aux crises que le marché VN. Mais sans pour autant venir éteindre les espoirs de ceux qui ne prêtent attention qu’aux flamboyants retours sur investissement.

Et là aussi, les augures sont opportunément porteurs dans tous les compartiments du jeu. A l’attention des boursicoteurs “frileux”, le communiqué sait insister sur ce marché de l’IAM naturellement acyclique puisqu’il « couvre un important parc de véhicules en service qui croit de façon constante et qui vieillit, ce qui lui confère une grande résilience quel que soit le cycle économique ». Et à l’opposé, pour attiser l’appétit d’investisseurs plus exigeants en potentiels de rendement, PHE souligne son parcours d’acquisitions depuis 5 ans qui a su étendre « son leadership en Europe à travers une stratégie d’acquisitions créatrices de valeur et contributrices aux résultats ».

Le groupe énumère alors fièrement ses conquêtes européennes, à savoir « le numéro un de la vente indépendante de pièces détachées en Catalogne (Espagne), le numéro 2 en Belgique et en Italie et le numéro 4 aux Pays-Bas ». Il n’omet pas non plus d’ajouter son cheval Oscaro à cet attelage d’acquisitions, ce pure-sang aux consonances digitales de Licorne(*) si chères aux espoirs de croissance des investisseurs.

De toute façon, même l’industrie auto dévastée en 2020 semble maintenant vouloir venir rassurer les plus indécis. Ces derniers découvrent en effet les premiers résultats trimestriels plutôt encourageants de constructeurs et d’équipementiers. Une succession de progressions spectaculaires qui occulte déjà, en partie au moins, les effondrements subis en 2020…

Progressions à 2 chiffres

Et pour faire en la matière bonne mesure, le groupe égraine son propre festival de progressions à deux chiffres. En creux, elles ont en outre la belle qualité d’enjamber sans douleur la terrible année passée : « En 2020, PHE a enregistré 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires (+20,2 % depuis 2018), un EBITDA courant de 204 millions d’euros (+58,9 % depuis 2018), et une marge d’EBITDA courant de 11,6 % ».

De quoi pouvoir exhiber une croissance deux fois plus rapide que celle classiquement enregistrée par ce marché structurellement atonique qu’est l’après-vente. En l’occurrence, PHE dévoile même une constance de métronome bloqué sur “Allegro” : « Sur la période 2016-2019, la croissance organique moyenne de PHE en France de +3,9 % a été supérieure à celle du marché de la vente indépendante de pièces détachées (IAM) qui a atteint +2,0 % ; une performance confortée à l’international avec une croissance organique moyenne de +3,7 % par an sur la même période ».

Si après ça –et dans un tel contexte de liquidités disponibles– PHE n’arrive pas à décrocher cette valorisation de plus ou moins 2 milliards d’euros que son propriétaire Bain Capital semble espérer de cette introduction en Bourse, ce sera donc à désespérer de la capacité d’analyse et de compréhension des investisseurs institutionnels et privés…

(*) Sont qualifiées de “Licorne” les « Start-up non cotée en Bourse dont la valorisation, basée sur un potentiel de croissance très important, dépasse le milliard de dollars », nous rappelle le Larousse.

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