Dernière Minute – DGCCRF : les garagistes indépendants moins «réglos» que les RA1 ?

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La DGCCRF vient de publier les résultats d’une enquête portant sur l’entretien-réparation des véhicules. Le résultat est accablant, avec l’annonce d’un taux d’infractions de près de 39% quant au respect des règles de protection des consommateurs. Surtout chez les indépendants…

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Voilà un chiffre qui ne vient pas redorer le blason du secteur automobile. En plein scandale du “Dieselgate” chez Volkswagen, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) vient de rendre public une enquête menée auprès de 803 établissements. Et la «pêche» a été plutôt bonne pour l’organisme puisqu’il annonce un taux de fraude de 38,85% aux règles de la protection des consommateurs !

Manque d’information

A l’heure où le budget de l’automobiliste flambe, notamment en raison d’un poste « entretien du véhicule » en hausse tous les ans, ce type d’enquête fait désordre. L’organisme pointe du doigt le manque criant d’information du client automobiliste – par définition un non-professionnel- allant de l’obsolescence des taux horaire affichés (lorsqu’ils sont affichés) jusqu’à la tromperie sur la prestation de service en passant par une absence d’explication du mode de calcul utilisé.

Les enquêteurs de la DGCCRF annoncent en effet avoir décelé une cinquantaine de pratiques commerciales trompeuses portant sur le contenu des forfaits proposés, le non-respect des barèmes de temps, le non-respect des taux horaires affichés, la facturation systématique d’un essai routier et ce, même lorsque la prestation ne le nécessite pas (et de prendre pour exemple une simple vidange d’huile…). Voire… carrément une tromperie sur la prestation de service, certains travaux ayant été facturés à l’enquêteur sans pour autant qu’ils aient été réalisé sur le véhicule !

In fine, les enquêteurs ont, sur les 803 établissements auscultés, adressé 275 avertissements, 26 injonctions et dressé 8 procès-verbaux, cette dernière sanction donnant lieu à une amende pénale… «Le taux infractionnel encore élevé justifie une surveillance régulière du secteur par les agents de la DGCCRF», estime ainsi l’organisme dans un communiqué.

Les MRA dans le viseur

Pire encore : la DGCCRF déclare dans ce même communiqué que «d’un point de vue général, les concessionnaires semblent être mieux formés au respect de la réglementation du secteur que les petits garages indépendants». Si la proportion d’avertissements, injonctions et autres procès-verbaux entre représentants de marque et indépendants n’est pas précisée par la DGCCRF, écrire noir sur blanc que la fraude est plus fréquente chez les MRA porte un sacré coup à la filière indépendante.

Et ce pour plusieurs raisons : d’abord, les RA1 et RA2 auront beau jeu de justifier de leur tarifs plus élevés en pouvant crier haut et fort que eux -au moins- respectent la loi. Surtout, ces résultats concernant l’entretien-réparation viennent apporter de l’eau au moulin d’acteurs tels Axa. Ce dernier ne peut en effet que se frotter les mains, lui qui a subi une volée de bois vert lorsque la filière indépendante s’est récemment dressée vent debout contre son service Allo Mécano, présenté comme une intermédiation entre l’assuré automobiliste et le professionnel garagiste lorsque le premier estime la facture un peu trop salée…

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9 Commentaires concernant “Dernière Minute – DGCCRF : les garagistes indépendants moins «réglos» que les RA1 ?”

  1. La DGCCRF déclare donc dans le communiqué que «d’un point de vue général, les concessionnaires semblent être mieux formés au respect de la réglementation du secteur que les petits garages indépendants » … Et à lire certains commentaires, cela semble être un scoop. Pour moi, rien d’inquiétant sachant que le garage indépendant, beaucoup moins cher, a moins de moyens pour respecter les règles et les lois. Mais au-delà de ça, quelle hypocrisie ! La DGCCRF contrôle donc le vilain petit garagiste et félicite le concessionnaire. Entre-temps, le mécanicien qui travaille 35 heures dans une concession ou dans un garage indépendant et qui travaille 30 heures supplémentaires dans SON garage (ou devant sa porte) contre billets dans la main, lui n’est pas inquiété. Il n’a pas besoin de respecter une quelconque règle, et lui, la DGCCRF ne le contrôlera jamais. Et comme le garage indépendant est de plus en plus mal financièrement, après un redressement par la DGCCRF, il virera du personnel ou liquidera puis s’installera pour travailler en tant que chômeur 45 heures en tant que mécanicien « au black » et me dit (c’est du vécu): j’aurais du faire ça il y a dix ans…. En France, on contrôle ceux qui travaillent dur … ceux, qui travaillent au black (ouvertement souvent), eux, ils ne sont jamais inquiétés. Et cela touche tous les métiers… J’avais besoin de refaire du carrelage dans une pièce chez moi – trois artisans sont venues chez moi ; trois fois, la même question : avec ou sans facture ? Avec facture, c’est dans six semaines, sans facture,c’est Samedi prochain… C’est la même chose dans l’automobile. Et personne ne semble s’y intéresser. Entre-temps, on casse les pieds aux petits garages travaillant le plus sérieusement possible. Alors, bien sur, les règles sont les règles. Et on sait le marteler… Le plus simple, c’est de rester hypocrite… que la DGCCRF continue donc de contrôler et de décourager le petit garagiste, de détruire des emplois (au nom du respect des règles). Quand certains n’ont qu’une règle : ramasser de l’argent en liquide en étant (souvent) aidé par l’état par ailleurs car considéré comme « pauvres ». Pauvre France hypocrite…

  2. Les difficultés du réparateur indépendant sont réelles et sérieuses et sont surtout concentrées sur la méthode appliquée à la réception du client et de son véhicule. Pour cela il existe un logiciel « EXPRESSDIAGAUTO » permettant un parcours client allégé et productif à la réception. Il consiste en un diagnostic véhicule en présence du client valorisant les points forts mais aussi les interventions a réaliser ou à prévoir en toute clarté, aux tarifs de chacun, en complète conformité aux devoirs de conseils et de résultats.
    Ne baissez pas les bras, renseignez-vous: les RA1 et RA2 ont besoin de vous aussi pour leur C.A. pièces! Bon courage a tous.

    NdlR: bien sûr, ce commentaire est pour le moins »autopromotionnel ». Mais nous le publions, tant il est vrai que,quel que soit l’outil de diagnostic, il est devenu incontournablement nécessaire à la performance, mais aussi à la crédibilité du réparateur.

  3. Pour être un peu plus objectifs, ces contrôles devraient avoir lieu chez TOUS les réparateurs!!! C’est un peu facile de mettre tout le monde dans le même sac. J’ajouterai que ces contrôles ne sont pas objectifs du tout, car ils ne tiennent pas compte des impondérables que l’on rencontre constamment dans les ateliers et les contrôleurs ne savent pas faire la part des choses! Les concessionnaires appliquent peut être plus la loi à la lettre(encore que!!), mais heureusement, avec les tarifs prohibitifs qu’ils appliquent et qui ne sont en rien justifiés!! Un exemple: chez un agent Peugeot dans le Rhône, il faut compter 180 Euros pour brancher le diag et sortir les codes défaut!! Si ça c’est pas du vol!!!

  4. Les concessionnaires respectent la lois…. peut être…Cela justifie-t-il leurs tarifs onéreux de main d’œuvre et leur tarifs exorbitant de pièces, leurs incompétences à diagnostiquer des pannes et leur tendance à changer une multitudes de pièces pour trouvez la panne!!!!
    Les concessionnaires respectent peut-être la loi mais n’hésitent pas à utilisé des pratiques commerciales abusives.
    La DGCCRF devrait peut-être se concentrer sur les pratiques commerciales avec des enquêteurs issus de la mécanique: arrêtons de regarder si les horaires ou les tarifs horaires sont affichés ?!!!!
    La DGCCRF qui se permet un tel article entache le métier, mais cette étude reste basique.

  5. Bonjour, L’ANNUAIRE INVERSÉ DES GARAGES D’AUTOMOBILES récence 30.831 garages d’automobiles, reparation en France dans l’annuaire. Autant dire que le panel de réparateurs sur lequel porte le contrôle représente 0,025% des réparateurs. De plus on ne me fera pas croire que les réparateurs contrôlés l’ont été de manière « aléatoire ». On peut donc en conclure que seulement 2 contrôles sur 5 après dénonciation se sont avérés justifiés mais aussi que 99,975% des réparations ne font pas l’objet de réclamation.
    Merci

  6. Eh bien…

    39% ?! Je comprends mieux pourquoi certains MRA souhaitent voir disparaître les Experts de leurs ateliers. Cette enquête est sidérante…et démontre combien l’expert est indispensable pour « contenir » les dérives de réparateurs peu scrupuleux et protéger le pouvoir d’achat des automobilistes.

    NdlR: vous avez raison, cette enquête est sidérante et elle interpelle visiblement nos lecteurs qui, entre vendredi soir et ce dimanche après-midi pourtant paisible, sont déjà plus de 3200 à l’avoir découverte sur notre site. Mais avant de juger définitivement et sans rien présupposer dans un sens ou dans l’autre, il reste tout de même à obtenir de la DGCCRF le détail de ses constats et à entrer vraiment dans l’analyse fine de ce terrible constat. Rendez-vous donc dans une prochaine newsletter…
    La rédaction

  7. « le non-respect des barêmes de temps »
    Ils ne sont en rien obligatoires. Il sont donnés à titre indicatif par le constructeur, et heuresement. 2h30 pour 4 injecteurs sur certains moteurs bien connus, qui en pratique se transforme souvent en bien plus… Il y a pléthore d’autres exemples.

    • Là aussi, je pense que, généralement, les dépassements de temps sont beaucoup plus fréquents chez les MRA pour des raisons simples: la répétition des opérations sur les mêmes véhicules est beaucoup plus faible, l’équipement spécifique du constructeur est inconnu et les conditions de travail moins idéales ont vite fait de faire durer la galère. Et la séparation front/back office en concession laisse, à mon avis, plus de place aux temps barémés: le réceptionnaire se fout du temps qu’a passé l’ouvrier sur le chantier, s’il y a un dépassement il y est pour rien et se tient au devis pour ne pas avoir à se fâcher avec le client.

  8. Petite question car j’ai pas trouvé l’info.

    Les 803 établissements ils sont sur toute la France ou un secteur précis ?

    Car si c’est sur toute la France, je pense qu’un pourcentage des « fraudeurs » par région serait pas mal aussi.

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