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Véhicules électriques: les batteries et les réparateurs

Les batteries s’adaptent aux nouvelles motorisations : de la classique plomb au lithium-ion pour les électriques, en passant par les hybrides plomb-argent des hybrides légères 12V, il y en a pour toutes les bourses, car c’est bien là la question de la voiture électrique : aujourd’hui, elle n’est pas à la portée de tout le monde… et son entretien non plus. Comment aborder ce marché pour le réparateur multimarque, à commencer par celui des flottes ?

L’atelier doit passer à l’heure de l’énergie électrique et son entretien

L’atelier doit passer à l’heure de l’énergie électrique et de son entretien.

Les offres des constructeurs pour répondre aux souhaits des baisses d’émissions polluantes sont multiples. Certains ont choisi des solutions radicales et l’électrification maximale, d’autres « hybrident » leur catalogue en permettant à chacun de trouver son compte, du thermique classique à l’électrique, en déclinant l’hybridation du « léger 48V » au rechargeable à plus de 400V. Dans toutes ces solutions, la clé du coût final vient de la batterie avec de nombreux choix. Les obligations sécuritaires des constructeurs comme des réparateurs sont liées à la tension et cela influe donc sur les performances.

Pourquoi tant de tension ?

De 12 à 400 volts, il y a une marge énorme et une capacité d’énergie aussi importante. En 12 volts, on assure juste le démarrage du moteur thermique. Il faut au minimum 48 volts pour permettre le « décollement » de l’arrêt en électrique puis le lancement du moteur, voire un effet « booster » lors des reprises. Au-delà, la haute tension passe au minimum à 230 volts pour une hybridation minimale avec fonctionnement partiel en électrique sur de très courtes distances. Avec 400 volts et une capacité de 9,8 kWh, on peut atteindre jusqu’à 50 km en tout électrique avec un hybride rechargeable.

Ce n’est pas seulement une question de tension, mais également de capacité de la batterie qui permet de fournir de la puissance et de la longévité. Pour avoir de la puissance, il faut empiler les ampères-heure en multipliant le nombre de modules de batteries (en parallèle) ou/et la dimension de ces modules. Quant à la tension, elle assure beaucoup d’énergie avec peu d’intensité, c’est-à-dire avec des dimensionnements de câbles « raisonnables ». En revanche, beaucoup de tension impose une gestion électronique proportionnelle, à l’utilisation comme lors des recharges sur secteur.

La batterie des hybrides est généralement placée sous les sièges arrière et fonctionne sous 240 à 400 V

La batterie des hybrides est généralement placée sous les sièges arrière et fonctionne sous 240 à 400 V.

La recharge au garage

Pour revendiquer une activité d’accueil des véhicules hybrides et électriques, il ne faut pas oublier de proposer la possibilité de procéder à la recharge des batteries, c’est-à-dire de disposer d’une borne de recharge que l’on se procurera auprès d’un spécialiste en recharge.

Certain fabricants de stations de recharge électrique proposent à la fois des bornes pour les batteries de véhicules électriques et des chargeurs intelligents pour véhicules thermiques.

Les défaillances

Les batteries affichent des défaillances liées souvent à leur entretien. Pour durer longtemps, une batterie doit être chargée à un niveau minimal en permanence. Au fil du temps et des utilisations, le seuil optimal de charge décroit jusqu’à rejoindre le niveau de capacité électrique (le pouvoir de fonctionnement) en dessous duquel la batterie ne peut effectuer son travail.

Ces seuils sont plus facilement atteints avec les batteries au plomb qu’avec les batteries lithium ion, sauf que ces dernières batteries sont utilisées pour propulser le véhicule et qu’elles sont plus sollicitées que nos classiques batteries de démarrage. C’est d‘ailleurs ce problème de forte sollicitation qui fait que les véhicules « Stop et Start » nécessitent des batteries plus robustes et qu’ils sont sujets à plus de pannes, même avec des batteries au plomb et bien que les technologies de ces batteries soient plus sophistiquées (batteries « argent », batteries AGM, voir notre précédent article sur le sujet).

Quel entretien ?

Les batteries traditionnelles (plomb) actuelles ne requièrent plus de compenser le niveau le liquide électrolyte. Les couvercles sont désormais pourvus de systèmes de récupération des vapeurs qui recyclent le liquide. Il faut donc avant tout veiller à maintenir le niveau de charge optimal qui est possible avec un chargeur « intelligent », c’est-à-dire qu’il surveille le niveau de résistance pour prévenir la présence d’oxydation interne.

Avec des programmes de « désulfatation » et d’entretien après charge, le chargeur assure la bonne condition de la batterie pendant toute la durée d’immobilisation du véhicule. Le chargeur est également nécessaire pendant les opérations de diagnostic électronique. Il peut être dédié aux seules batteries au plomb, ou mixte pour les batteries plomb et lithium. Pour les véhicules électriques, le chargeur est alors spécifique ; hybrides rechargeables peut aussi se brancher sur une prise classique.

Et le mécano ?

La formation aux compétences électriques a souvent été négligée par les réparateurs. Ce doit être considéré aujourd’hui comme prioritaire pour faire face à l’arrivée des nouvelles motorisations dans l’atelier. Que ce soit un véhicule hybride ou électrique, pour des interventions d’entretien ou de panne, la maîtrise de l’électricité est un passage obligé et la formation sera complétée par l’habilitation aux interventions sur les “VE”.

On pensera à dédier un outillage spécifique et allouer dans l’atelier un espace réservé à cette activité. Les vrais électriciens étant devenus rares, le travail sur les véhicules électriques et la compétence sur les batteries sera de plus en plus recherchée et rémunératrice. La gestion des pannes, de par leur rareté, étant un atout pour le réparateur. Surtout s’il souhaite exploiter le potentiel des flottes, particulièrement sensibles aux parc électrifiés et hybrides.

Un matériel de pointe est indispensable à un travail de qualité en électricité

Un matériel de pointe est indispensable à un travail de qualité en électricité

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